Sancta Missa

Le Parfait Ecclésiastique

Avis sur l’Office moins solennel, où il y a peu d’Ecclésiastiques, Troisième partie : chapitres V et VI

Le chant de l’Office dans les églises de campagne au XVIIe siècle

 
D’autant qu’il ne se trouve pas de règle bien certaine, pour diriger Messieurs les Curés et Pasteurs des Paroisses de la campagne, et que faute d’Ecclésiastiques et Officiers, ils ne peuvent faire ce qu’ils voudraient bien, pour solenniser dignement l’Office divin, et que plusieurs m’en ont témoigné combien ils souhaiteraient en avoir un petit modèle ; j’ai estimé ne les devoir priver d’une demande si juste et raisonnable. Mais auparavant que d’entrer en cette matière, il faut supposer plusieurs choses, sans lesquelles on a jugé ne pouvoir rien faire bien à propos, et d’autres lesquelles s’y rencontrant, il sera très difficile que le service de Dieu soit fait avec les cérémonies et solennité requises, à un si haut et relevé Ministère.
Les choses nécessaires pour l’Office

Je suppose que quand il n’y aurait qu’un prêtre, pourvu qu’il sache bien les Rubriques, les étudie souvent, et les cérémonies Ecclésiastiques, et qu’il s’affectionne à les bien observer pour la gloire de Dieu, et le dû de sa charge, il réussira heureusement.

Que l’Ecclésiastique ne se laisse point préoccuper de cette pensée, de n’être pas obligé de faire plus qu’un tel son voisin, qui ne fait pas si bien son Office qu’il voudrait, ou pour ce qu’il n’a pas été bien instruit en la pratique des saintes Cérémonies, ou parce qu’il n’a personne qui le seconde, ou parce qu’il se trouve divers autres empêchements dans sa Paroisse, auxquels il a fait ce qu’il a pu pour y remédier, ou même parce qu’il a été fort négligent à s’acquitter dignement de son devoir.

Qu’il se souvienne, dis-je, de la promesse et récompense que Dieu fit autrefois par son Prophète à quelques Prêtres zélés pour son service, lesquels ayant fidèlement observé les saintes Cérémonies ordonnées de Dieu, pendant que les autres Prêtres et Lévites, et le Peuple les avaient négligées et comme délaissées. Voici les paroles qu’il annonce de la part de Dieu, à ceux qui l’avaient servi et honoré pendant la négligence des autres. Sacerdotes et Levitæ qui custodierunt ceremonias sanctuarii mei, cum errarent filii Israel a me, ipsi accedent ad me ut ministrent mihi : et stabunt in conspectu meo, etc. [1]

Les menaces que Dieu fait à ceux qui négligent ce qui regarde son honneur, sont bien à redouter, puisqu’il dit et répète si souvent ces paroles pour marquer leur ingratitude et infidélité. Portabunt iniquitatem suam, et non appropinquabunt ad me ut sacerdotio fungantur mihi, sed portabunt confusionem suam, et scelera sua quæ fecerunt [2]. Cela doit donner grande terreur à ceux qui négligeraient les choses saintes en ce qui concerne le service de Dieu.

[Note 1] Les Prêtres et les Lévites qui ont gardé les Cérémonies de mon sanctuaire quand les enfants d`Israël s`égaraient loin de moi, ceux-là s`approcheront de moi pour me servir, et se tiendront devant moi. Ezech. 44, 15 vulgate, raccourci.

[Note 2] Ils porteront leur iniquité et ne s`approcheront pas de moi pour être à mon service dans le sacerdoce, ils ne s`approcheront pas de mes sanctuaires, de mes lieux très saints, mais ils porteront la peine de leur ignominie et des abominations qu'ils ont commises. Ezech. 44, 12c-13 vulgate, raccourci.

Ces choses supposées, comme il dit au premier article, il est nécessaire qu’il y ait des personnes avec lui qui sachent le chant, comme Maître d’École, enfants, etc. Cela se trouve ordinairement dans les Paroisses bien réglées, ou bien le Curé du lieu, ou son Vicaire, font l’École en la place d’un Maître.

Qu’il puisse dresser au chant, et instruire des Cérémonies huit, ou dix, ou douze petits enfants, ce qu’il fera aisément, pour peu de soin et de peine qu’il y veuille prendre.

Les uns peuvent être dressés pour servir la sainte Messe, les autres pour porter les chandeliers ; et les cierges aux Offices divins, Processions, etc. soit pour les allumer et éteindre, quand il en est besoin.

Quelques autres pour l’encensoir et la navette, et la façon de les tenir et présenter avec l’encens, et aussi les révérences et baisements des mains bien à propos et modestement. Un peut suffire pour ceci.

Bref en employer deux pour avoir soin que les Livres saints, et les ornements, et autres choses servant aux saints Autels, ne traînent point, et que rien ne soit mal propre dans l’Église de Dieu.

Cette petite économie servira merveilleusement, et soulagera beaucoup celui qui aura pris ce soin de les dresser ainsi au service de l’Église.

On en pourrait encore dresser quelqu’un pour être Cérémoniaire au défaut de quelques Ecclésiastiques.

Je suppose qu’il y ait un lieu propre pour placer séparément ces enfants pour le chant, vous en avez la construction ci-après ; si on y veut faire quelque petite dépense, et qui servira même ad ornamentum.

Si les enfants sont Clercs tonsurés, ils auront tous les cheveux courts, la petite couronne, une soutane et des surplis. Les lieux où les Laïques portent Chapes, et surplis, ne doivent être imités en ce point, ceci n’ayant été en usage dans l’Église par Ordonnance d’aucuns Papes, Conciles, ni Canons d’icelle.

Que tout le meuble nécessaire y soit, comme deux chandeliers, outre ceux de l’Autel, un encensoir, une navette, une petite cuillère à mettre l’encens dedans.

Les enfants qui seraient dressés à ces petits Offices, et qui ne seraient tonsurés, pourraient avoir de petites robes violettes pour servir pendant l’Office, et leur encharger de les conserver bien proprement avec de petits bonnets, plutôt que des toques rondes.
Les choses qu’on ne doit souffrir au Chœur, pour bien faire l’Office divin

Les choses qui doivent être retranchées du Chœur, c’est d’empêcher que les Laïques ne se mettent point à la place des Ecclésiastiques dans le Chœur, car cela est contre les saints Canons.

Que les Laïques qui savent chanter, aient tous des Livres ou Heures où soit l’Office qui se chante à l’Église, et qu’ils ne se mettent pas tous d’un côté ; mais la moitié des plus fortes et accordantes voix d’un côté, et l’autre moitié de l’autre, faisant toujours en sorte que les voix soient partagées également.

Empêcher que les Laïques qui ne savent chanter, ne se mêlent point avec ceux qui chantent, et que ceux qui chantent de chaque côté, soient unis ensemble tant que faire se pourra.

Que le Chœur ne soit point beaucoup occupé, et que les deux ailes soient entièrement vides, afin d’avoir plus facile liberté d’aller et de venir dans le Chœur, pour faire les choses nécessaires pendant l’Office.

Que les enfants qui ne savent encore chanter, ne se mêlent parmi ceux du Chœur, ou du chant.

Que dans le Chœur on ne souffre les Laïques que le moins qu’on pourra, d’autant que ce n’est pas leurs places ; car pour ceux qui y chantent, c’est par tolérance qu’ils y sont soufferts pendant le Chant de l’Office divin.

Que l’on n’y souffre jamais les femmes, et encore moins leurs sièges. Les personnes de condition étant bien instruites, ne s’offenseront jamais quand on leur fera entendre que cela est contre l’ordre de l’Église, et contre la bienséance, étant assuré que ce n’est pas de ces esprits-là desquels notre Seigneur dit, Pater ! servavi quos dedisti mihi, et ailleurs, Ego pro eis rogo ; mais il ajoute pour leur faire connaître s’ils sont de ce nombre, non pro mundo rogo [3].

Il serait aussi bien à souhaiter que les Seigneurs qui s’y veulent maintenir d’autorité, donnassent ordre que leurs gens empêchassent leurs chiens de les suivre à l’Église, d’autant que bien souvent c’est un sujet de divertissement, ou pour ceux qui les y amènent, ou pour les enfants pendant la sainte Messe et l’Office divin.

[Note 3] Père ! J’ai gardé ceux que tu m’as donnés – Je prie pour eux – je ne prie pas pour le monde (Jn 17).
Construction d’un petit lieu élevé au milieu du Chœur, pour placer les Chantres pendant l’Office

D’autant (comme il a été dit) que les Ecclésiastiques, ou les enfants qui savent chanter, n’étant qu’en petit nombre, il est expédient qu’ils soient unis et conjoints, afin que les voix soient plus fortes et accordantes, étant auprès les uns des autres, nous avons jugé qu’il serait expédient de leur dresser un petit lieu élevé au milieu du Chœur, afin que la Psalmodie en soit mieux réglée, et qu’ils en chantent plus à leurs aises.

Il faut donc construire au milieu du Chœur devant le pupitre un petit lieu fait de planche élevé plus que le pavé ou plan du Chœur, environ de sept pouces [18 cm], long de dix ou douze pieds [3m50], large de six ou huit pieds [2m40].

Sur le devant au milieu doit être posé l’Aigle ou pupitre à mettre les Livres du chant dessus.

Aux deux ailes ou extrémités, seront deux bancs, hauts de vingt pouces [50 cm], et aussi longs que le petit plancher, soutenus par des pieds ou balustres.

Les deux bancs des deux côtés seront larges d’assiette de huit pouces [20 cm], et de la longueur du plancher. En bas contre les sièges, il y peut avoir un pied et demi [45 cm] d’entrée.

Ces bancs étant de la grandeur ci-dessus peuvent tenir dix-sept personnes bien à l’aise : si la place n’est pas si commode pour les faire de cette grandeur, on en peut diminuer à proportion.

À l’extrémité au bout d’en bas seront posé deux, ou trois sièges, si on veut, afin que s’il y a plusieurs Ecclésiastiques, ils s’y puissent mettre quand il sera besoin.

S’ils s’y veulent placer, ce sera principalement lorsqu’ils feront l’Office solennellement avec Chapes, afin d’avoir toujours les livres devant eux, et aussi afin de retenir en modestie ceux qui seraient pour la Psalmodie sur ces deux grands bancs pendant l’Office divin.

Depuis ces trois sièges jusqu’au pupitre, il y aura environ sept pieds [2m] de distance.

Au devant d’iceux il y aura un marchepied long comme le travers du plancher, et élevé par-dessus icelui de quatre pouces [10 cm], large de neuf [23 cm].

Ces sièges pourrant être par le haut en forme de croissant, si on veut, ils seront immobiles, et soutenus de petits balustres par derrière seulement.

L’on peut mettre au derrière de ces sièges des appuis de fer, ou de bois, ils seront moins embarrassants de fer rond et bien propre.

Ces appuis seront éloignés derrière les sièges de quatorze pouces [35 cm], et éloignés d’iceux de six [15 cm].

Il faut que par-dessous les ais ils soient garnis de maçonnerie, ou de bonnes solives, et du charbon par-dessous iceux, de peur que l’humidité ne les pourrisse, et ces ais seront attachés sur des solives.

Voilà à peu près la construction dudit lieu, qui est fort commode pour les Chantres, comme la pratique s’en voit en plusieurs Paroisses, même à la campagne.

Il y a quelques Églises où il est environné de petits balustres, les bancs étant de menuiserie bien propre. L’on peut ouvrir et fermer ce petit lieu quand l’on veut, afin d’en interdire l’entrée à ceux qui n’y doivent point être ; en ce cas les balustres ne doivent être plus hauts que les sièges environ que d’un pied et demi [45 cm], ou deux pieds au plus, les deux portes aux deux côtés par le bas comme l’ouverture ci-dessus, et laisser aussi une autre ouverture par le haut, afin qu’on y puisse entrer par trois côtés facilement.
Des Vêpres aux jours de Fêtes dans les Paroisses des Bourgs et Villages, où il y a peu d’Ecclésiastiques

Ayant donc maintenant à traiter comme l’on doit célébrer l’Office divin dans les Paroisses de la campagne, et supposant ce qui est ci-dessus (si faire se peut) j’ai estimé que je devais toujours suivre l’ordre des solennités de l’Église qui commence ordinairement ces Offices par les premières Vêpres, qui se disent la veille, quoi que cela ne se pratique pas toujours dans les Petites paroisses, et ceci servira pour les secondes Vêpres aussi bien que pour les premières.
Du commencement des Vêpres

S’il n’y a qu’un Ecclésiastique dans une Paroisse, il procurera que les Vêpres se disent toujours à même heure, qui peut être à trois heures en Été, et à deux heures en Hiver, comme il se pratique saintement en plusieurs Diocèses.

L’heure étant venue, et ayant donné ordre que l’on sonne l’Office divin, un peu avant le dernier coup, il ira à l’Église, et tous ceux qui y doivent être, préparera tout l’Office, mettra les signets sur les endroits du Livre qu’il a à faire, fera sa prière, et les autres de même, commandera de sonner le dernier coup, et en silence, selon les louables coutumes de chaque lieu.

Tiendra la main que la lampe demeure toujours allumée devant le saint Sacrement. Les deux qui doivent servir d’Acolytes, allumeront les cierges, faisant les génuflexions dues au saint Sacrement, puis se retireront.

Celui qui aura soin de l’encensoir, tiendra toutes choses prêtes pour s’en servir en temps et lieu, et qu’il ne laisse jamais de charbon ni de tison dans l’Église, ni à la Sacristie.

Tout cela étant fait, chacun se met en sa place, fait sa prière, et au signal du Célébrant chacun se lève, dit Pater, et Ave, tout bas, puis le même Célébrant commence, Deus in adjutorium, etc. en faisant le signe de la Croix, ce que doivent faire aussi tous les autres Assistants.

S’il y a plusieurs Ecclésiastiques qui fassent office de Choristes, le premier d’iceux ayant fait génuflexion au saint Sacrement, va faire l’inclination profonde au Célébrant, lui annonce l’Antienne, et après fait encore pareille inclination.

S’il faut dire toute l’Antienne au commencement, il peut (s’il n’est pas loin du pupitre) retourner à sa place, qui sera l’une des trois que nous avons mis ci-dessus, qui est le côté droit, puis vers la fin de l’Antienne se tient prêt pour commencer le Psaume.

S’il n’y a que l’Officiant, il n’attendra pas que l’un de ces enfants lui annonce, mais entonnera lui-même l’Antienne (et si c’est la coutume, il commencera encore la cinquième).

Pour chanter, ces douze enfants occuperont ces deux bancs qui sont destinés pour ceux qui chantent. S’ils ont des robes, etc. comme il est dit, ils diront les Antiennes alternativement et les autres Psaumes.

Après la dernière Antienne et les cinq Psaumes dits, le Célébrant se lève, se découvre, dit le Chapitre, commence l’Hymne, deux des enfants ayant dit les Versets, étant au devant du balustre du grand Autel, le Célébrant entonne l’Antienne pour le Magnificat. Puis l’enfant qui doit porter et présenter l’encensoir et l’encens au Prêtre, le salue d’une inclination profonde devant qu’il sorte de sa place, et les deux qui servent d’Acolytes pour porter les chandeliers, ayant fait même inclination profonde s’en vont en cet ordre devant le Célébrant. Le Thuriféraire précède, les deux Céroféraires suivent, puis après est l’Officiant, en suite ils vont faire génuflexion devant l’Autel tous trois, et le Célébrant au milieu des deux Thuriféraires [4] fait seulement inclination, puis s’en vont à la Sacristie.

Le Célébrant prend la chape, les deux enfants les chandeliers, et le Thuriféraire l’encensoir, qu’il tient de la main droite, et la navette de la gauche, et s’en vont en cet ordre comme ils étaient allé. Arrivés devant l’Autel, ils font comme dessus. Les deux Thuriféraires [5] posent leurs chandeliers sur les basses marches, et pendant que le Célébrant bénit, et met l’encens dans l’encensoir, vont découvrir l’Autel à moitié, jusqu’à ce qu’il ait été encensé, puis le recouvre, et vont reprendre leurs chandeliers, font génuflexion, lors que le Célébrant fait inclination, puis marchent en cet ordre où il faut encenser [6], et s’en reviennent.

Étant de retour, les génuflexions faites, le Thuriféraire ayant repris l’encensoir avec les cérémonies ci-dessus, se tourne vers le Célébrant, lui fait inclination profonde, l’encense de trois coups, et fait la révérence après, si c’est la coutume il encense le Chœur et le reste, puis reporte l’encensoir à la Sacristie.

Après le Magnificat dit, le Célébrant dit l’Oraison, les deux enfants qui ont porté les deux chandeliers attendant au milieu près le balustre, disent Benedicamus Domino, s’il n’y en a point d’autre pour le dire.

Cela étant fait, tous retournent à la Sacristie, comme ils ont fait auparavant, et avec le même ordre.

[Note 4] L’auteur doit vouloir dire : au milieu des deux Céroféraires … ce semble être une erreur manifeste.

[Note 5] De nouveau, on suppose qu’il veut dire : les deux Céroféraires posent leurs chandeliers …

[Note 6] Nous supposons que l’expression « où il faut encenser » fait référence à d’autres autels ou à des statues de saints dont on fait la fête.
Des Complies

Si l’on dit Complies immédiatement après Vêpres, un enfant commencera aussitôt, étant au milieu du Chœur, après qu’il aura fait génuflexion au saint Sacrement, ou à la Croix, disant, Iube domne benedicere, en s’inclinant profondément vers le Prêtre, jusqu’à la fin de la Bénédiction, Noctem quietam, inclusivement.

Ayant dit Lectio brevis, qui est Sobrii estote, et disant Tu autem, à la fin il fait génuflexion derechef, puis s’en retourne à sa place.

Après le Célébrant faisant le signe de la Croix, tous le font aussi, disant Adiutorium nostrum, puis Confiteor Deo, etc.

Le Célébrant ayant dit le Confiteor, demeurant incliné, les autres disent Misereatur tui omnipotens Deus, etc. puis ils disent le Confiteor, demeurant inclinés jusqu’à la fin du Misereatur vestri, après icelui le Célébrant dit Misereatur vestri.

Chacun se signe quand le Célébrant dit Indulgentium, sans être incliné.

Puis il commence Converte nos Deus, faisant le signe de la Croix sur le cœur, avec le pouce, et les autres de même, et disant Deus in adiutorium, il fait ce qui est dit au titre de l’abrégé des Cérémonies.

Tous s’inclinent au Verset Gloria Patri, jusqu’à Sicut erat, inclusivement.

Le Célébrant entonne l’Antienne Miserere, ou Alleluia, au temps Pascal, et on commence le Psaume, Cum invocarem, etc.

À la fin des Psaumes, tous répètent l’Antienne, puis le Célébrant commence l’Hymne, le Capitule Tu autem Domine, deux enfants au milieu du Chœur ayant fait les révérences convenables, disent In manus tuas, et tous les autres répondent, et répètent In manus tuas, etc.

Le Célébrant annonce l’Antienne Salva nos, puis on commence le Cantique Nunc dimittis.

Après le Célébrant dit Dominus vobiscum, puis l’Oraison Visita, le Benedicamus, et Benedicat, puis il commence l’Antienne de la Vierge, dit le Verset, et l’Oraison, étant droit.

Notez qu’ès Églises où on ne dit que Vêpres, il serait bon que la première fois qu’on dit une des Antiennes de la Vierge, au commencement de chaque temps, on la chantât ès Églises où elle se dit tout bas ordinairement quand on termine l’Office, et par ce moyen la commencer avec plus de solennité.

Mais particulièrement ès lieux où on dit Complies séparément des Vêpres ; il est bon que le premier Dimanche de l’Avent et celle de la très-sainte Trinité, on les commence par le chant [7].

[Note 7] La suggestion est qu’il serait bien de chanter les antiennes Alma Redemptoris et Salve Regina la fois qu’elles entrent en service, au prix d’un léger fléchissement des règles. On se rappellera que l’antienne mariale est dite à voix médiocre à la fin de chaque office quand on va sortir du chœur : ainsi ce cas ne se rencontre que dans les églises où les premières vêpres du 1e dimanche d’Avent et de la Sainte Trinité ne sont pas immédiatement suivies des complies. Cette antienne est toujours chantée à la fin des complies, sauf quelques jours de la semaine sainte.
Des Matines qui se disent dans les Paroisses où il y a peu d’Ecclésiastiques, et même où il n’y en aurait qu’un seul

Tant que faire se pourra, il faut dire les Matines au Chœur avec piété, dévotion, posément, et non à la hâte : autrement ceux-là ne vérifieraient en eux cette belle vérité du Prophète par la bouche duquel Dieu parlait autrefois en ces termes, Sacrificium laudis honorificabit me [8]. C’est ce qui est bien à peser, puisque ce n’est pas seulement le devoir du Chrétien que de louer Dieu ; mais encore bien plus étroitement celui des Ecclésiastiques qui doivent faire ici-bas à certaines heures, ce que font les Anges et esprits Bienheureux dans le Ciel à tout jamais.

Il sera bien à propos que le Curé ou Pasteur invite au Prône (le Dimanche qui précède la fête) tout son peuple, afin qu’ils se rendent soigneux d’assister dignement au service divin, leur faisant entendre que c’est l’exercice le plus noble du Chrétien que la louange de Dieu. Qu’ils font en terre ce que font les Saints au Ciel. Que c’est ici-bas commencer ce qu’ils feront à toute éternité dans le Paradis. Que c’est le commencement de la journée qu’il faut consacrer à Dieu, et plusieurs autres raisons pour leur faire avoir en affection le service divin.

[Note 8] Le sacrifice d’action de grâce me rend gloire Ps. 49, 23.
Du Commencement de Matines

L’on peut avoir recours pour les choses nécessaires à être préparées pour les Matines, à ce qui est dit au commencement des Vêpres, de l’Office de Vêpres, puis quand toutes choses sont préparées, le dernier coup pour l’Office sonné, les cierges allumés, chacun étant tout prêt, le Célébrant étant à sa place, fait sa prière à genoux, et tous les autres aussi : quand il a fait, donne le signal, chacun se lève, il dit Pater, Ave, et Credo, et les autres pareillement, puis faisant le signe de la croix avec le pouce, commence Domine labia mea aperies, puis en faisant le signe de la Croix sur soi de la main, il dit Deus in adiutorium meum, etc.

S’il y a d’autres Ecclésiastiques, ils peuvent dire l’Invitatoire, et le Chœur répondra, sinon ce sera deux enfants, ou autres.

Le Célébrant commence l’Hymne, et tous les autres qui sont de son côté répondent, puis les premiers couplets finis, l’autre côté répond, et ainsi chantent alternativement.

S’il y avait des Ecclésiastiques qui servissent de Choristes ayant les chapes, ils annoncent au Célébrant le commencement de l’hymne, de la première Antienne, de la dernière des Matines, de la première et de la dernière des Laudes, de l’Hymne des Laudes, de l’Antienne de Benedictus, et aussi des autres à proportion.

Les Antiennes et les autres Psaumes s’annoncent, et se commencent alternativement par les Ecclésiastiques, s’il y en a, commençant toujours par les plus anciens, et la première entonnée par le Célébrant (c’est toujours le côté droit) la seconde et le deuxième Psaume, c’est toujours le côté gauche, et ainsi par tous les Offices alternativement, c’est à dire les uns après les autres.

Les Versets sont chantés par deux Clercs, et faute de Clercs, les deux Chapiers, et faute des deux, on se sert de deux petits enfants ayant leurs petites robes (si faire se peut). Le même s’observe à tous les Versets, et Benedicamus.

Après les Versets et Répons, que l’on dit étant droit et tourné vers l’Autel, tous étant levés et tournés vers icelui disent le Pater, tout bas, jusqu’à ces mots que dit le Célébrant, Et ne nos inducas, etc. puis il dit l’Absolution, pendant quoi chacun est en attention et dévotion.

S’il y a des Clercs, ils diront les premières Leçons, et les autres Ecclésiastiques de suite, selon l’ordre qu’ils ont dans l’Église, si ce n’est un Supérieur, comme un Curé qui ne serait encore Prêtre, il dirait la Leçon que doit dire un Curé ; mais il ne doit point donner de Bénédiction devant les Leçons, ce serait un autre en sa place.

S’il n’y a que le Célébrant, et qu’il n’y ait que les petits enfants, ils en pourraient dire chacun une, le Célébrant dira la septième et la neuvième [9].

Les Répons pourront être chantés par les deux Choristes, ou Chapiers, s’il y en a, et les Versets des Répons par deux autres, ou deux petits enfants instruits.

Toutes les Leçons, Psaumes, Absolutions, Bénédictions, et Répons pourront être dits pendant tous les trois Nocturnes selon cet ordre.

S’il n’y en a point de plus digne au Chœur que le Célébrant, lorsqu’il dira la septième et neuvième Leçon, il pourra dire à la septième Iube Domne benedicere, [10] et les autres répondront seulement Amen, et tout de suite dira Lectio sancti Evangelii secundum Lucam, et poursuivre de même à la neuvième, disant Iube Domine benedicere, et les autres répondront aussi Amen, puis commencera la Leçon absolument, [11] comme s’il disait celle-ci, Sed cum tot signa perturbationis dicta sint, etc. [12]

[Note 9] La neuvième leçon est toujours réservée à l’officiant (où à l’évêque) ; la septième commence par l’incipit de l’évangile du jour, et l’on comprend que c’est n’est pas quelque chose à confier à un enfant non-tonsuré.

[Note 10] Le texte invite le Célébrant, quand il n’y a pas de plus digne au chœur, à dire Iube Domne… avant de lire la 7e et Iube Domine… avant de lire la 9e leçon. Est-ce voulu ? C’est possible, mais il nous semble que dans les deux cas le célébrant s’adresse à Dieu – le chœur répond Amen – et qu’il devrait donc dans les deux cas dire Iube Domine. En revanche, les rubriques spécifient que quand l’évêque donne la 9e leçon, il ne demande pas de bénédiction à un simple prêtre mais directement à la source, disant Iube Domine, tandis qu’elles ne traitent pas le problème de la 7e.

[Note 11] Commencera la leçon absolument : La rubrique qui fait dire Iube Domine par l’évêque qui donnera cette leçon, fait également dire le texte de la bénédiction par ce même évêque. La suggestion est, donc, que le simple prêtre ne le fasse pas, mais que l’on laisse tomber le texte de la bénédiction à la 9e (et aussi à la 7e). De plus, la 9e leçon a parfois un nouvel incipit (cf. la Sainte Trinité, 28 juin, 20 sept, etc.), et il se peut que le conseil est d’omettre aussi ce deuxième incipit.

[Note 12] Iacobs de Off. c. 12 (note en marge dans le texte). Bien que ça s'agite beaucoup… on pourrait le dire !
Des Laudes, et du reste des petites Heures

Les trois Nocturnes étant dits, le Célébrant commence le Te Deum Laudamus. Au verset Te ergo quæsumus, etc. du Te Deum, on fait ce qui est ci-devant.

Le Te Deum étant achevé, le Célébrant commence Laudes à la même façon qu’il est dit aux Vêpres.

L’on observera les mêmes Cérémonies, soit pour Deus in adiutorium, Gloria Patri, pour les Antiennes, Psaumes et autres choses.

Comme il n’y a point de Gloria à la fin de Benedicite, l’on se découvre aux deux derniers Versets, et on s’incline tout de même qu’ès Gloria.

Le Verset après l’Hymne, se dit par les mêmes qui ont dit les autres.

L’Hymne se commence par le Célébrant, et l’Antienne pour Benedictus.

Les mêmes cérémonies qui ont été faites pour Magnificat, se doivent faire pour Benedictus.

L’on doit faire toutes les mêmes choses à Laudes qu’à Vêpres, étant pareilles en toutes choses, et ne doivent en rien différer d’icelles, si ce n’est qu’en certaines Églises, y a un Répons devant l’Hymne aux premières Vêpres, et à Laudes il n’y en a point.

Les Primes et les Complies sont aussi semblables en quelque façon, si ce n’est qu’elles différent dans l’ordre des choses, et qu’aux Fêtes (excepté les Dimanches) il n’y a que trois Psaumes, et à Complies il y en a toujours quatre ; c’est pourquoi on peut faire les mêmes cérémonies à Prime que nous avons dit pour les Complies.

Les autres petites heures sont sans difficulté, puisque ordinairement on n’y fait point d’autres cérémonies.
Oraison pour dire avant l’Office divin

Aperi Domine ! os meum ad benedicendum nomen sanctum tuum, munda cor meum ab omnibus vanis, perversis et alienis cogitationibus. Intellectum illumina, affectum inflamma : ut digne, attente, ac devote hoc officium recitare valeam, et exaudiri merear ante conspectum divinæ maiestatis tuæ. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Ouvrez mes lèvres, Seigneur, afin qu’elles bénissent votre saint nom, purifiez aussi mon cœur de toute pensée vaine, mauvaise, étrangère. Éclairez mon intelligence, enflammez mon amour, afin que je puisse réciter cet office avec respect, attention et dévotion, et mériter d’être exaucé en présence de votre divine majesté.

Domine ! in unione illius divinæ intentionis, qua ipse in terris laudes Deo persolvisti has tibi horas persolvo.

Seigneur, en union avec l’intention divine avec laquelle vous-même avez, sur la terre, payé à Dieu le tribut des louanges qui lui sont dues, je vous offre le tribut de ces Heures.
Oraison par laquelle le Pape Léon X a donné à tous Fidèles qui la diront dévotement, plénière Indulgence des fautes commises par fragilité humaine, durant l’Office divin

Sacrosanctæ et individuæ Trinitati, crucifixi Domini nostri Iesu Christi humanitati, beatissimæ ac gloriosissimæ Virginis Mariæ fœcundæ integritati, et omnium Sanctorum universitati, sit sempiterna laus, honor, virtus, et gloria, ab omnia creatura, nobisque remissio peccatorum, per infinita sæcula sæculorum. Amen.

V/. Beata viscera Mariæ virginis quæ portaverunt æterni Patris Filium.

R/. Et beata ubera quæ lactaverunt Christum Dominum.

Pater noster. Ave Maria.

À la très sainte et indivisible Trinité, à l’humanité de notre Seigneur Jésus-Christ, mort sur la croix, à la pureté féconde de la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie, et à toute l’assemblée des Saints, louange éternelle, honneur, puissance et gloire, de la part de toutes les créatures, et à nous rémission de nos péchés, pour les siècles sans fin.

Heureux le sein de la Vierge Marie, qui a porté le Fils du Père éternel.

Et heureuse les mamelles qui ont allaité le Christ notre Seigneur.


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