Sancta Missa

Le Parfait Ecclésiastique

Troisième partie : chapitre XX

De l’Office du Thuriféraire

 
Alius Angelus venit, et stetit ante altare, habens Thuribulum aureum, etc. Et ascendit fumus incensorum de orationibus Sanctorum, de manu Angeli coram Deo.
– Apoc. 8 v. 3 & 4.

 1. Le thuriféraire doit apporter les mêmes dispositions que les Acolytes, nombres 3 & 4 pour exercer dignement son Office, et est revêtu des mêmes ornements qu’eux, nombre 5.

2. Après avoir lavé ses mains et fait sa prière, il se rend à l’heure convenable à la Sacristie, prépare de l’encens dans la navette, et du feu dans un vase, et en met dans l’encensoir.

3. Il prend l’encensoir de la main droite, mettant le pouce dans le gros anneau, et le doigt annulaire dans l’anneau de la chaînette, que soulève le couvercle, et de la gauche le pied de la navette fermée, dans laquelle est l’encens et la cuillère, l’ouverture d’icelle tournée vers sa poitrine ; les portant des deux mains également élevées : ce qu’il observe toutes les fois qu’il porte son encensoir avec quelque sorte de solennité et processionnellement. Mais toutes les fois qu’il porte l’encensoir au Célébrant pour faire bénir l’encens, et quand il monte à l’autel pour le même sujet, il prend l’encensoir de la main gauche et la navette de la droite.

4. Il présente toujours la navette de la droite, et la reçoit ordinairement de la gauche, pourvu que la droite soit empêchée à tenir l’encensoir.

5. Il doit observer que quand il présente l’encensoir au Diacre ou Prêtre assistant, qui doivent par après le présenter au Célébrant, il doit mettre le haut des chaînettes dans leur droite, et le bas dans leur gauche, afin qu’eux par après puissent mettre le bas en la droite du Célébrant, et le haut en sa gauche. Ce qui doit s’entendre, quand il a les deux mains libres ; car quand il tient la navette de la gauche, il doit pour lors tout simplement leur présenter l’encensoir de la droite seule par le haut des chaînettes.

6. Que s’il présentait l’encensoir immédiatement au Célébrant, ou même au Diacre pour encenser le Célébrant, ou autre chose, il doit alors le présenter de la même façon que le présente le Diacre : c’est à dire, mettant le haut des chaînettes en leur main gauche, et le bas en la droite, baisant la main droite du Célébrant, et non l’autre.

7. Le Célébrant étant revêtu de tous ses Ornements, il donne de la droite au Diacre (ou Prêtre assistant) la navette ouverte, sans rien baiser, et présente l’encensoir au Célébrant, après l’avoir salué d’une inclination médiocre, et ayant élevé le couvercle jusqu’en haut de la droite, en tirant l’anneau de la chaînette qui y est jointe, il prend de la même droite le milieu de toutes les chaînettes, élève ainsi l’encensoir, les deux mains également élevées à la hauteur et proche de la navette, afin que le Célébrant y puisse mettre commodément de l’encens ; faisant comme une demie génuflexion, durant que le Célébrant y met de l’encens, et n’abaissant le couvercle que le Célébrant a béni l’encens, quand il le faut bénir ; il salue le Célébrant d’une autre inclination médiocre, reçoit la navette de la gauche comme ci-après au nombre 13.

8. Il se range entre le Diacre (ou Prêtre assistant) et le premier Acolyte, et salue avec tous les autres l’Image de la Sacristie, puis le Célébrant, ou si la Sacristie était trop petite, il se met derrière le Diacre.

9. Il marche le premier, la tête découverte, portant l’encensoir de la façon ci-dessus dite, nombre 3, sans le remuer ; il salue le Chœur étant entre les Acolytes, et se range à l’Autel, à la droite du Diacre, faisant génuflexion avec les autres.

10. S’il y a aspersion d’eau bénite, comme les Dimanches, il fait la fonction d’Exorciste, prenant le Bénitier avec l’aspersoir de la main droite, ayant la gauche contre la poitrine, et marche le premier allant à l’Autel. S’étant mis à genoux à côté du Diacre, il lui présente l’aspersoir de la droite sans baiser, tenant le Vase de la gauche, puis reprend le Vase de la droite, pour le présenter au Célébrant, quand il aura besoin de prendre de l’eau-bénite, marchant derrière lui à sa droite.

11. Quand il y a procession, on bénit l’encens au bas de l’Autel avant que de partir et non à la Sacristie : et il porte son encensoir à la Procession, ainsi qu’il est dit au nombre 3 marchant devant les Acolytes et Porte-Croix.

12. Ayant salué l’Autel avec les autres entre le Diacre (ou Prêtre assistant) et le premier Acolyte, il se retire au côté de l’Épître sur le pavé, où il se met à genoux durant la Confession, remuant doucement son encensoir, sans être obligé de se signer et s’incliner quand les autres le font.

13. Le Célébrant montant à l’Autel, il y monte par les degrés du côté de l’Épître, portant l’encensoir de la gauche, et la navette ouverte de son côté de la droite, fait génuflexion en même temps que le Diacre et Sous-Diacre, et présente la navette au Diacre, et l’encensoir au Célébrant, observant les Cérémonies ci-dessus au nombre 7.

14. L’encens béni, il ferme l’encensoir et salue le Célébrant, il reçoit de la main gauche la navette du Diacre, et lui donne de la droite seule l’encensoir, si ce n’est que le Cérémoniaire (quand il y en a un) eût coutume de donner lui-même la navette au Diacre, et de la recevoir. Mais il est plus convenable que ce soit le Thuriféraire lui-même qui donne immédiatement la navette au Diacre, et qui la reçoive. Bauldry. I. Pars. Cap. I. art. I. no. 20. Il fait par après génuflexion comme en arrivant, et descend au bas des degrés de l’Autel du côté de l’Épître, et met la navette sur la Crédence.

15. S’il n’y avait point de Cérémoniaire, c’est à lui à ôter et remettre le Livre avec le coussin, devant et après l’encensement, comme aussi à recevoir les bonnets au commencement de la Messe (après avoir posé en quelque lieu commode l’encensoir et la navette) et à les donner à la fin ; et faire plusieurs autres choses qui sont de l’Office du Cérémoniaire, comme conduire le Sous-Diacre pour chanter l’Épître, et donner la Paix, donner le Livre des Évangiles et la bourse au Diacre, et plusieurs autres choses pareilles.

16. L’encensement fini, il se trouve derrière le Diacre, et reçoit l’encensoir des mains du Diacre, après qu’il a encensé le Célébrant qu’il salue devant et après avec le Diacre. Il remet l’encensoir dans le lieu destiné pour cela, ou sur la Crédence après en avoir vidé les charbons dans le vase, s’il était proche de l’Autel, puis retourne à la Crédence à la gauche du second Acolyte.

17. Pendant toute la Messe il se conformera aux Acolytes pour être assis, debout, ou à genoux, les mains jointes ou croisées, et pour les inclinations et génuflexions qu’il faut faire, si ce n’est qu’il fût occupé à quelque chose de son Office, ou qu’il suppléait au défaut du Cérémoniaire.

18. Quand on chante le Graduel ou plus tôt, il prépare son encensoir et sa navette ; et quand le Célébrant a achevé l’Évangile, ou plus tard selon la longueur du Trait, Prose, etc., il monte à l’Autel, comme au commencement de la Messe par le côté de l’Épître, fait génuflexion en même temps que le Diacre le fait en sa place, lui présente la navette, et l’encensoir au Célébrant ainsi que ci-dessus, nombres 13 et 14.

19. Ayant fermé son encensoir, et reçu la navette, il fait génuflexion en même temps que le Diacre se met à genoux, descend au côté de l’Épître sur le pavé ; et quand le Diacre descend de l’Autel, il part de la Crédence, et marche devant les Acolytes, pour aller au milieu de l’Autel, faisant en sorte de n’y arriver pas plus tôt que le Diacre, afin de ne faire qu’une seule génuflexion, qu’il fait au milieu des Acolytes sur le pavé, derrière les Diacre, Sous-Diacre et Cérémoniaire, puis continue son chemin jusqu’au lieu de l’Évangile.

20. Il se place à droite du Diacre un peu derrière, auquel il présente lui-même l’encensoir de la droite (quand même il y aurait un Cérémoniaire) si tôt qu’il a dit Initium ou Sequentia Sancta Evangelii, etc, et fait en même temps que le Diacre inclination profonde au livre devant et après l’encensement, puis reprend son encensoir.

21. Durant l’Évangile il fait les inclinations au nom de Jésus et les génuflexions vers la Croix, et les autres inclinations vers le Livre, et remue doucement l’encensoir un peu ouvert, dans lequel sur la fin de l’Évangile, s’il ne fume plus du tout, il peut mettre un peu d’encens pour encenser le Célébrant.

22. Après l’Évangile il retourne tout le premier, comme il est venu, au milieu de l’Autel, y fait la génuflexion, donne l’encensoir au Diacre, et demeure là debout, pendant que le Diacre encense le Célébrant, qu’il salue avec le Diacre devant et après. Icelui encensé, il reprend son encensoir, fait génuflexion, reporte l’encensoir au lieu accoutumé, et se tient à la Crédence où il se conforme aux Acolytes. S’il n’y avait ni exhortation ni Credo, il ne quitte point l’encensoir, mais entretient le feu.

23. Ayant préparé du feu pour le second encensement, à la fin de l’Oblation du Calice il monte à l’Autel par le côté de l’Épître sur le marchepied, observant ce qui a été dit au premier encensement nombres 13 et 14, tâchant de faire sa génuflexion en même temps que le Sous-Diacre fait la sienne en sa place.

24. Il fait génuflexion, descend au bas des degrés et, s’il n’y a point de Cérémoniaire ou Prêtre assistant, ayant posé sa navette sur la Crédence, il passe au côté de l’Évangile pour ôter le Livre durant l’encensement de ce côté, observant les génuflexions nécessaires, comme il est dit en l’Office du Cérémoniaire.

25. Le Diacre ayant encensé le Célébrant et faisant génuflexion à côté du Sous-Diacre pour aller encenser le Chœur, le Thuriféraire la fait un peu derrière lui à sa gauche (après avoir mis de l’encens dans l’encensoir) et le conduit au Chœur, portant la navette de la droite et marchant un peu devant.

26. Le chœur encensé, il retourne à l’autel, fait génuflexion comme il a fait en sortant, se tient derrière le Diacre à sa droite pendant qu’il encense le Sous-Diacre ; et ayant reçu l’encensoir du Diacre, il l’encense de deux coups avec inclination médiocre devant et après. Il encense ensuite les Acolytes d’un coup chacun, avec une seule inclination de tête pour tous deux devant et après ; puis ayant fait génuflexion à l’Autel, il se tourne vers le Peuple, qu’il encense de trois coups, le premier au milieu, le 2º au côté de l’Épître et le 3º au côté de l’Évangile, avec inclination devant et après. Il fait génuflexion à l’Autel, et retourne à la sacristie pour allumer les flambeaux, saluant le Chœur en passant par devant.

27. Il retourne à l’Autel, marchant avec son encensoir devant les Acolytes, salue le Chœur, fait génuflexion à l’Autel au milieu des Acolytes, va se mettre à genoux sur le dernier degré du côté de l’Épître, et met de l’encens dans l’encensoir, sans aucune Bénédiction, lors que le Célébrant prend l’Hostie pour la consacrer.

28. Ayant posé la navette devant soi, il encense le S. Sacrement de trois coups à chaque élévation, le premier quand le Célébrant commence à l’élever, le 2º quand il est élevé, et le 3º quand il le remet sur l’Autel, faisant une inclination profonde devant et après chaque élévation en même temps que le Célébrant fait génuflexion.

29. Il reprend sa navette, se relève, et sans faire génuflexion au lieu où il est, va la faire au milieu de l’Autel sur le pavé, reporte l’encensoir à la sacristie ou ailleurs, conduisant les Porte-flambeaux, s’ils doivent s’en retourner incontinent après l’élévation.

30. Étant retourné à la Crédence, il se conforme aux Acolytes durant tout le reste de la Messe, comme il est dit ci-dessus au nombre 16, à moins qu’il ne soit occupé aux actions suivantes.

31. Vers la fin du Pater, il reçoit le voile du Sous-Diacre, et l’ayant plié, le met sur la Crédence en lieu commode.

32. S’il n’y avait point de Cérémoniaire, il accompagne le Sous-Diacre au Chœur pour donner la Paix ; et la donne au premier Acolyte (si ce n’est qu’il fût à genoux tenant un flambeau) après l’avoir reçue du Sous-Diacre au retour du Chœur.

33. S’il Communie, ce doit être avant les Acolytes. Et s’ils étaient occupés à tenir les flambeaux, il prend le bassin avec les burettes, les porte au coin de l’Épître, les donne au Sous-Diacre, sans baiser rien, et les reporte à la Crédence sans génuflexion ; il éteint aussi le Cierge qui est du côté de l’Épître. S’il n’y avait point de Cérémoniaire, il porterait aussi le petit voile du côté de l’Évangile, et éteindrait le Cierge de ce même côté.

34. Il se met à genoux en sa place et se signe, quand le Célébrant donne la Bénédiction, et se tient pendant l’Évangile comme les Acolytes.

35. Le Célébrant étant descendu avec ses Ministres, il fait génuflexion comme au commencement de la Messe entre le Diacre (ou Prêtre assistant) et le premier Acolyte ; et retourne à la Sacristie, marchant les mains jointes devant les Acolytes, et saluant le Chœur s’il l’a salué en venant.

36. Il salue à la Sacristie le Crucifix, comme il a fait en sortant, et le Célébrant ; puis ayant aidé les autres Ministres à se déshabiller, fait son action de grâce et se retire en paix.

37. Si le Saint Sacrement était exposé.

1. Il fait, avec tous les autres, génuflexion des deux genoux avec inclination de tête et des épaules au commencement et à la fin de la Messe.
2. Quand le Célébrant encense à genoux le Saint Sacrement au 1º et 2º encensement, il se met à genoux sans toutefois faire inclination quand le Célébrant la fait.
3. Le Diacre ayant encensé le Sous-Diacre il retourne avec lui au milieu de l’Autel, où il fait génuflexion, reçoit son encensoir et l’encense au côté de l’Épître.
4. Lorsqu’il encense le Peuple, il prend garde de ne pas tourner le dos au Saint Sacrement, se retirant un peu du côté de l’Évangile.

38. Aux Messes pour les morts.

1. À la Sacristie il ne fait bénir d’encens, ni ne porte d’encensoir allant à l’Autel, mais marche le premier, les mains jointes.
2. Il ne salue pas le Chœur.
3. Il n’y a point d’encens au commencement de la Messe.
4. Il se met à genoux pendant les Oraisons, etc., comme les Acolytes.
5. S’il y a un Cérémoniaire, il demeure près la Crédence, les mains jointes, durant l’Évangile, mais s’il n’y en a point il va à l’Évangile marchant le premier devant le Diacre.
6. Au lieu d’encenser le S. Sacrement à l’élévation, il donne l’encensoir au Sous-Diacre pour l’encenser.
7. S’il y a Absolution à la fin, il prépare son encensoir pour le présenter et le faire bénir au Célébrant sur la fin du Libera ; il marche à la droite de l’Acolyte qui porte le Bénitier, devant les Acolytes et le Porte-Croix ; et se placent tous deux entre l’Autel et la représentation, du côté de l’Épître et derrière le Célébrant.

39. Il observera que quand l’Évêque Diocésain met de l’encens dans l’encensoir, il doit être à genoux. Et quand le Diacre va avec les Acolytes et Cérémoniaire demander la Bénédiction à l’Évêque avant l’Évangile, il n’y va pas, mais les attend au bas de l’Autel.


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