Sancta Missa

Le Parfait ecclésiastique

Troisième partie : chapitre XXI

De l’office du Cérémoniaire

 
Domine dilexi decorem domus tuæ, et locum habitationis gloriæ tuæ. – Psal. 25 v. 8.

1. Comme il est assez difficile de marquer précisément tout ce qu’un Maître des Cérémonies doit faire durant la Messe solennelle, parce que cela dépend en partie des cas et besoins particuliers que l’on ne peut prévoir : aussi il suffira de marquer seulement ici les choses plus ordinaires, qu’il doit faire ; et pour tout ce qui est du reste, il en ordonnera, ainsi qu’il jugera plus à propos.

2. Pour cet effet il doit être pleinement instruit non seulement de ce qui regarde son Office en particulier, mais encore de tout ce que les autres Ministres doivent faire, et même le Célébrant, afin qu’avec douceur et modestie il les puisse avertir, quand il sera besoin. Il doit savoir parfaitement toutes les Rubriques et Cérémonies, tant du Missel Romain que du Cérémonial des Évêques, et avoir lu les meilleurs Auteurs qui traitent de ces matières.

3. Après avoir lavé les mains, pris le Surplis, et fait sa prière (ainsi qu’il est porté dans les autres Offices ci-dessus) il se rend à la Sacristie de bonne heure, pour avoir soin que tout ce qui est nécessaire pour la Messe, à l’Autel, à la Crédence ou à la Sacristie, soit préparé comme il faut et de bonne heure. Il prendra garde aussi particulièrement que tous les Officiers, en s’habillant, le fassent avec sentiment de piété et de Religion, qu’ils gardent le silence et la modestie requis, et qu’ils soient toujours tout prêts avant que le Célébrant se présente pour se revêtir.

4. Le célébrant étant habillé, il lui conduit le Thuriféraire, pour faire bénir l’encens, à moins qu’il n’y eût Procession, ou aspersion d’Eau-bénite, observant ce qui sera dit ci-après, nº 11, ayant toujours le Thuriféraire à sa droite, et faisant avec lui inclination médiocre au Célébrant avant et après.

5. Il se met à la gauche du Sous-Diacre entre lui et le second Acolyte, ou (si la Sacristie est trop étroite) derrière le Célébrant entre le Thuriféraire et le second Acolyte ; il donne le signal pour partir, et fait inclination profonde au Crucifix de la Sacristie, et médiocre au Célébrant, ainsi que tous les autres.

6. Il marche devant le Sous-Diacre et après les Acolytes, les mains jointes et la tête nue ; et salue le Chœur, ainsi que tous les autres, s’il passe par-devant.

7. Quand il y a aspersion d’Eau-bénite, l’Autel aspergé, il conduit le Célébrant au Chœur, etc. pour faire l’aspersion du Clergé et du Peuple, marchant devant lui.

8. Quand il y a Procession, il marche ordinairement après la Croix, sans toutefois être tellement attaché à cette place, qu’il ne puisse aller et venir, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, pour voir si chacun marche en son ordre, et s’il ne se passe rien d’indécent.

9. Étant arrivé à l’Autel, il se place à la droite du Diacre (ou Prêtre assistant) où il reçoit son bonnet avec celui du Célébrant ; puis au côté de l’Évangile à la droite du second Acolyte, il reçoit celui du Sous-Diacre, et après avoir fait génuflexion avec tous les autres, porte les bonnets sur le banc qui est au côté de l’Épître, ou autre lieu commode, mais jamais sur la Crédence.

10. Durant la Confession il est à genoux au côté de l’Épître sur le pavé, se signant, s’inclinant et répondant tout bas au Célébrant comme les Acolytes.

11. Quand le Célébrant monte à l’Autel, il y conduit le Thuriféraire pour faire bénir l’encens, faisant génuflexion à sa gauche ; il reçoit de lui la navette, et la donne au Diacre, si c’est la coutume du lieu ; et l’encens béni, la reçoit du Diacre, et la rend au Thuriféraire. Néanmoins il est plus à-propos que le Thuriféraire lui-même présente la navette au Diacre et la reçoive, cela appartenant proprement à son Office et non au Cérémoniaire, qui n’assiste là que pour diriger les Officiers, et avoir l’œil à tout ce qu’ils font. – Bauldry. I. Pars. Cap. I. art. I. no. 20.

12. Après que l’encens a été béni, il fait génuflexion avec le Thuriféraire (qui s’en retourne) en même temps que le Célébrant fait sa première ; puis s’étant avancé au devant du Livre, il le ferme, et prend avec le coussin, et le tenant de la droite, ayant la gauche sous le coussin, il fait génuflexion à la droite du Diacre en même temps que le Célébrant fait sa seconde, après avoir encensé la Croix, et se retire au côté de l’Épître sur le pavé. Quand le Célébrant, après avoir encensé le coin de l’Épître, retourne au milieu de l’Autel, il remonte à l’Autel ; et après avoir fait génuflexion, en même temps que le Célébrant la fait pour passer au côté de l’Évangile, il remet le coussin sur l’Autel avec le Livre, qu’il ouvre ; et demeure là prenant garde si tous les signets du Livre sont bien placés. Ensuite quand le Célébrant, après avoir encensé tout le côté de l’Évangile, fait génuflexion pour repasser au côté de l’Épître, le Cérémoniaire fait encore une génuflexion, et descend au côté de l’Épître sur le pavé.

13. S’il y a un Prêtre assistant, le Cérémoniaire ne fait rien de ce qui est au nombre précédent, mais se tient au bas des degrés du côté de l’Épître.

14. Pendant que le Diacre encense le Célébrant, il est derrière lui à gauche de Thuriféraire, et fait avec le Diacre inclination profonde au Célébrant, avant et après l’encensement.

15. Il monte proche le Célébrant au côté de l’Épître, la face tournée vers l’Autel, pour lui montrer avec le doigt indice le commencement de l’Introït, se signant et faisant les mêmes inclinations que le Célébrant. S’il y a un Prêtre assistant, il demeure à sa place, sans monter à l’Autel.

16. On ne peut pas assigner une place déterminée pour le Maître des Cérémonies à l’Autel, parce qu’à raison de son Office il ne doit être attaché à aucune place, mais doit avoir la liberté d’être tantôt dans un lieu, tantôt en un autre, selon qu’il jugera à-propos, pour avoir tous les Officiers en vue, et être prêt de remédier promptement à tous les défauts qui pourraient arriver. Toutefois il se met ordinairement entre la Crédence et l’Autel, à moins que quelque chose ne l’appelle ailleurs.

17. Quand il est nécessaire d’avertir quelqu’un, ou de donner le signal, ce doit être, tant que faire se peut, par quelque signe ou inclination, plutôt qu’en frappant les mains ou en parlant.

18. Si le Célébrant s’assied avec ses ministres aux Kyrie, Gloria, Credo, etc. il se place debout la tête découverte, les mains croisées modestement contre la poitrine, en lieu propre pour être vu tant du Célébrant que de ceux qui sont au Chœur, lesquels il avertit par une inclination médiocre, premièrement au Célébrant, puis au Chœur, toutes les fois qu’il faut se découvrir et recouvrir, s’incliner, se mettre à genoux et se relever ; comme aussi pour retourner à l’Autel, où il reconduit les Officiers, faisant génuflexion en même temps qu’eux. Puis il s’en va au côté de l’Épître auprès du Livre, pour indiquer au Célébrant les Oraisons qu’il doit dire, faisant les inclinations, et tournant les feuillets, quand il est nécessaire.

19. C’est à sa prudence de déterminer quand il doit tenir les mains jointes. Néanmoins il est convenable qu’il les ait jointes quand il conduit le Célébrant de la Sacristie à l’Autel, ou de l’Autel à la Sacristie ; durant la Confession, les Oraisons, l’Évangile, la Préface, l’Oraison Dominicale ; quand il est à genoux ; et généralement en tous les lieux où les Acolytes les ont jointes, si ce n’est qu’il fût occupé à quelque chose ; et de plus quand il accompagne le Diacre à l’Évangile, et le Sous-Diacre à la Paix.

20. Au commencement de la dernière Oraison (s’il y en a plusieurs) il va prendre le Livre des Épîtres sur la Crédence ; et le tenant élevé des deux mains par les côtés, les feuillets tournés vers sa droite, il le porte au Sous-Diacre, le saluant avant et après le lui avoir donné, d’une inclination médiocre. Puis, s’étant mis à sa gauche, il le conduit au milieu de l’Autel, fait génuflexion sur le pavé à sa gauche un peu derrière, tâchant de la faire quand le Célébrant dit Iesum Christum, et non pas plus tôt ; l’accompagne au lieu où il doit dire l’Épître, saluant le Chœur, s’il passe par-devant, et demeure à sa gauche un peu derrière pendant qu’il la dit, lui tournant le feuillet s’il est besoin, et faisant les révérences nécessaires.

21. Toutes les fois qu’il accompagne quelqu’un, soit à l’Autel, soit au Chœur, il se met à sa gauche ; et si le chemin est trop étroit, il marche le premier.

22. L’Épître chantée, il conduit le Sous-Diacre au milieu de l’Autel, saluant le Chœur s’il l’a salué en allant ; et après la génuflexion le conduit au côté de l’Épître pour baiser la main du Célébrant, se mettant aussi bien que lui à genoux, mais sur le plus bas degré et à sa gauche. S’étant relevé, il reçoit le Livre qu’il dispose pour le donner au Diacre.

23. Sitôt que le Célébrant a commencé l’Évangile, il va porter le Livre des Évangiles au Diacre, de la même façon qu’au Sous-Diacre ; mais il ne l’accompagne pas allant à l’Autel.

24. Il conduit le Thuriféraire à l’Autel pour faire bénir l’encens, ainsi qu’au premier encensement nº 11, et se retire proche la Crédence jusqu’à ce qu’il faille partir.

25. En même temps que le Diacre descend, et non plus tôt, ayant donné le signal aux autres Ministres, il part de la Crédence ; et marchant le premier, les conduit au milieu de l’Autel, fait génuflexion à la gauche du Sous-Diacre, et étant arrivé au lieu destiné pour lire l’Évangile, il se place à la gauche du Diacre un peu derrière.

26. Après l’Évangile il retourne marchant le premier au milieu de l’Autel, fait génuflexion à la droite du Sous-Diacre, duquel il reçoit le Livre qu’il porte sur la Crédence.

27. Quand le Diacre vient à la Crédence pour prendre la bourse, il la lui présente avec inclination médiocre avant et après, en sorte que l’ouverture d’icelle soit tournée vers le Diacre ; il ne l’accompagne pas à l’Autel.

28. Il aide aussi au Sous-Diacre à prendre le grand voile, et l’accompagne à l’Autel ; puis étant descendu, il y conduit le Thuriféraire comme au premier encensement.

29. Après avoir fait génuflexion au milieu de l’Autel derrière le Sous-Diacre en même temps que le Célébrant fait sa première (ou second s’il avait des reliques), il passe au côté de l’Évangile pour ôter et remettre le Livre avec le coussin, faisant deux génuflexions au côté gauche du Célébrant en même temps que lui ; la première après avoir pris le Livre, et la seconde avant que de le remettre sur l’Autel. Il demeure à la gauche du Célébrant pour lui tourner les feuillets et indiquer tout ce qu’il doit dire, faisant les mêmes inclinations que lui. Si toutefois il y avait un Prêtre assistant, il ne ferait rien de tout cela, et se tiendrait proche la Crédence ou autre lieu commode ; mais en ce cas il accompagnerait le Diacre pour encenser le Chœur, l’avertissant des personnes qu’il faudrait encenser et de combien de coups.

30. A la fin de la Préface il fait génuflexion à la gauche du Célébrant pour faire place au Sous-Diacre [1], et se retire ou à la Sacristie pour donner ordre que les Porte-flambeaux viennent, ou du côté de l’Épître en faisant une autre génuflexion au milieu de l’Autel.

[Note 1] Ainsi le texte, mais il s’agit sûrement plutôt du diacre.

31. Durant l’Élévation il se met à la gauche du Thuriféraire, met de l’encens dans l’encensoir que le Thuriféraire soutient, et sonne la clochette trois fois, en même temps et de la même façon que le Thuriféraire encense le saint Sacrement.

32. Quand le Diacre quitte la gauche du Célébrant pour passer à sa droite, il monte à la gauche du Célébrant avec les génuflexions requises pour lui assister au Livre, au cas qu’il n’y ait point de Prêtre assistant.

33. Quand le Célébrant dit Pax Domini, etc, il fait génuflexion et cède sa place au Sous-Diacre, qu’il accompagne après au Chœur.

34. Après avoir reçu la Paix du Sous-Diacre, il fait génuflexion et la donne au Thuriféraire, qui la donne au premier Acolyte. S’il fallait la donner à quelque Laïc, il la lui porte avec un instrument de Paix, qu’il fait premièrement baiser à celui qui l’a reçue immédiatement du Célébrant.

35. Il assiste aux Oraisons de la fin de la Messe, comme à celles du commencement (pourvu qu’il n’y ait point de Prêtre assistant), et s’il n’y a point d’autre Évangile que celui de saint Jean, ni d’Oraison pour le Roi ou autre nécessité publique, il ferme le Livre, et se met à genoux au côté de l’Épître sur le pavé, où il reçoit la bénédiction du Célébrant.

36. Le Célébrant étant descendu en bas, il donne le bonnet du Célébrant au Diacre avec le sien, puis cédant sa place au Thuriféraire passe à gauche du Sous-Diacre, lui donne son bonnet, et fait génuflexion avec les autres [2].

[Note 2] Il n’y a pas de nº 37 dans le texte.

38. Il retourne à la Sacristie, marchant après les Acolytes, les mains jointes, saluant le Chœur, s’il l’a salué en venant ; salue l’Image de la Sacristie à la gauche du Sous-Diacre, puis le Célébrant ; et après avoir reporté ou fait reporter à la Sacristie tout ce qui a servi pour la Messe, il fait son action-de-grâces, et se retire en Paix. Pour ce qui est du reste, il le pourra facilement colliger de tout ce qui a été dit dans les Offices précédents, dont il doit être très parfaitement instruit pour bien faire son Office, ainsi qu’il est dit ci-dessus nº 2.


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